01Cycle de vie d'une alerte

Du signal brut au retour d'expérience : chaque alerte suit un cycle tracé dans le ticket SOC.

  • Détection : une source (SIEM, EDR, NIDS, email) génère l'alerte avec sévérité initiale.
  • Triage : qualification rapide : bruit, faux positif ou cas à investiguer ; priorisation selon actif, sévérité et fiabilité.
  • Investigation : enrichissement (threat intelligence, actif, identité), scoping du périmètre, hypothèses documentées.
  • Réponse : confinement, éradication, rétablissement selon runbook et playbook ; escalade L1 vers L2 avec preuves.
  • Clôture : verdict argumenté (vrai positif, faux positif prouvé, bénin) et documentation complète.
  • Retour d'expérience : tuning de la règle, nouveau cas d'usage, mise à jour du runbook.

Règle d'or : on ne clôture en faux positif qu'après vérification documentée avec preuves (logs, contexte métier).

02Tiers SOC : L1, L2, L3

Trois niveaux complémentaires, un même ticket et une escalade de qualité.

NiveauMissionOutils quotidiens
L1Triage : surveiller la file, qualifier, prioriser, escalader selon critères.SIEM, file d'alertes, ticketing.
L2Investigation approfondie : corrélation, scoping, confinement initial.SIEM, EDR, threat intelligence, logs réseau.
L3Expertise : threat hunting, forensique, tuning des détections, mentorat.Volatility, Sysmon, MITRE ATT&CK, SOAR.
  • Le SOC manager pilote l'activité : priorités, SLA, métriques, amélioration continue.
  • Une bonne escalade contient : contexte, preuves, actions déjà menées, impact suspecté.
  • Piliers d'un SOC efficace : les individus, les processus et les technologies.

03MITRE ATT&CK : tactiques essentielles

Un langage commun (identifiants Txxxx, par exemple T1110 brute force) pour aligner détections et hunting.

TactiqueIdée cléExemple de technique
ReconnaissanceCollecte d'informations sur la cible.Scan, OSINT.
Accès initialPremier pied dans le système.Phishing, exploitation.
ExécutionLancement du code malveillant.Macros, scripts.
PersistanceSurvivre au redémarrage.Clés Run, tâches planifiées.
Élévation de privilègesObtenir plus de droits.Vol d'identifiants (T1003).
Mouvement latéralRebondir vers d'autres machines.RDP, SMB, comptes volés.
Commande et contrôlePiloter à distance.Beaconing vers domaine C2.
ExfiltrationVoler les données.Archives puis envoi externe, DNS tunneling.

Kill Chain (7 étapes) : reconnaissance, weaponization, delivery, exploitation, installation, C2, actions. Bloquer les TTP coûte plus cher à l'attaquant que bloquer un simple hash (pyramide de la douleur).

04IOC : indicateurs de compromission

Des traces exploitables pour détecter, rechercher et bloquer — après validation.

  • Fichier : empreinte SHA-256 (le nom seul ne suffit pas), nom, chemin, signature.
  • Réseau : IP ou domaine C2, URL malveillante, beaconing régulier, requêtes DNS TXT volumineuses.
  • Hôte : clés Run, services, tâches planifiées, EventCodes 4624 (succès), 4625 (échec), 4634 (déconnexion), 4720 (création de compte).
  • Comportement : 5 échecs 4625 puis un 4624 suivi d'un contact C2 ; impossible travel ; compression puis envoi externe.
  • Échanges : STIX structure les IOC, TAXII les transporte ; MISP mutualise le partage.
  • Avant blocage : vérifier confiance, fraîcheur, sources et périmètre pour éviter de couper un service légitime mutualisé.

05MTTD et MTTR et SLA

Ce qui se mesure se pilote : rapidité, qualité et engagements du SOC.

  • MTTD (Mean Time to Detect) : délai moyen de détection. Le réduire limite le dwell time et l'impact.
  • MTTR (Mean Time to Respond / Recover) : délai moyen de réponse et rétablissement. Exemple : ticket ouvert à 08:12 et clôturé à 08:52, MTTR de 40 minutes.
  • Dwell time : temps de présence de l'attaquant ; plus il est long, plus les dégâts sont probables.
  • Tuning : suivre le taux de faux positifs et la part d'alertes actionnables ; ajuster seuils, listes blanches et exclusions justifiées.
  • SLA : engagements d'acquittement et de traitement (par exemple critique sous 30 minutes) ; ils rendent la performance mesurable.
  • Reporting : volumes, MTTD et MTTR, incidents majeurs, tendances et risques pour la direction.

06NIST IR (SP 800-61) en 4 phases

Le cadre de réponse aux incidents : préparer, agir, capitaliser.

  • 1. Préparation : runbooks, playbooks, rôles, sauvegardes, exercices sur table (tabletop).
  • 2. Détection et analyse : triage, scoping (machines, comptes, données, période), préservation des preuves.
  • 3. Confinement, éradication, rétablissement : isoler (ransomware : couper le réseau sans détruire la mémoire), supprimer persistances et comptes illégitimes, patcher, changer les secrets, surveiller en renforcé.
  • 4. Post-incident : chronologie, causes racines, actions, efficacité, recommandations ; mise à jour des détections.
  • Forensique : travailler sur copies hashées, chaîne de conservation tracée, ordre de volatilité (mémoire, connexions, processus, disque) ; Volatility pour la RAM.
  • RTO et RPO : durée maximale d'interruption acceptable et perte de données tolérée, donc fréquence des sauvegardes.
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